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: 20/12/2007

:     01, 2016 4:01 pm

2016 .
ǡ ֡ . .
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Aujourdhui, la mondialisation,
a ne marche pas. Ça ne marche
pas pour les pauvres. Ça ne marche
pas pour lenvironnement.
Ça ne marche pas pour la stabilit
de lconomie mondiale.
La Grande Dsillusion
Joseph Stiglitz 2002 Fayard 408 p, Edition Livre de poche N 15538
Vous trouverez ci-dessous quelques extraits de la Grande Dsillusion.
COMMENT LA POLITIQUE DU FMI ET DU DÉPARTEMENT DU TRÉSOR A CONDUIT À LA CRISE
Libralisation des capitaux, premier lment de la crise :
Ce chaos gnral a t le couronnement d'une demi-dcennie de triomphe mondial de l'conomie de march, sous la direction des États-Unis, aprs la fin de la guerre froide. Pendant cette priode, l'attention internationale s'tait focalise sur les nouveaux marchs mergents, de l'Asie l'Amrique latine et de la Russie l'Inde. Pour les investisseurs, c'taient de vrais paradis : les profits taient levs, les risques apparemment faibles. En sept ans seulement, les flux de capitaux privs allant du monde dvelopp au monde en dveloppement avaient t multiplis par sept, tandis que les flux publics (l'aide trangre) restaient stables6.
Banquiers internationaux et responsables politiques taient persuads de vivre l'aube d'une re nouvelle. Le FMI et le Trsor croyaient, ou du moins disaient, qu'une libralisation totale des comptes d'oprations en capital aiderait la rgion se dvelopper encore plus vite. Les pays asiatiques n'avaient aucun besoin de capitaux supplmentaires, puisque leurs taux d'pargne taient trs levs, mais cette libralisation leur a t malgr tout impose la fin des annes quatre-vingt et au dbut des annes quatre-vingt-dix. Or je suis convaincu que la libralisation des comptes d'oprations en capital a t le facteur le plus important dans la gense de la crise. C'est la conclusion laquelle je suis parvenu en tudiant avec soin ce qui s'est pass non seulement dans la rgion, mais aussi dans les autres crises conomiques du dernier quart de : sicle il y en a prs de cent. Comme les crises se font plus frquentes (et qu'elles sont plus graves), nous disposons prsent d'une base de donnes trs riche pour analyser les facteurs qui y contribuent7. Et l'on voit toujours plus clairement que la libralisation des comptes d'oprations en capital est trop souvent un risque qui ne rapporte rien. Elle peut exposer un pays d'immenses prils, mme s'il a des banques fortes, une Bourse solide et d'autres institutions que beaucoup de pays asiatiques n'avaient pas.
Il est probable qu'aucun pays n'aurait pu rsister au soudain changement d'humeur des investisseurs qui a transform un immense afflux en immense reflux tous, trangers et nationaux, allant placer leurs fonds ailleurs. Des retournements de cette envergure provoquent invitablement une crise, une rcession ou pis encore. Dans le cas de la Thalande, cette inversion des flux a t de l'ordre de 7,9 % du PIB en 1997, de 12,3 % en 1998 et de 7 % au premier semestre 1999. C'est comme si, aux États-Unis, les flux de capitaux s'taient inverss en moyenne de 765 milliards de dollars par an de 1997 1999 !
PP 166-167
La libralisation des marchs des capitaux a mis les pays en dveloppement la merci du march.
Mais l'accusation qui pse sur le FMI est plus grave: ce n'est pas seulement d'avoir exig des mesures qui ont abouti la crise ; c'est de les avoir exiges alors qu'il n'y avait pratiquement aucune preuve qu'elles favorisaient la croissance, et de multiples preuves qu'elles faisaient courir aux pays en dveloppement d'normes risques.
C'est un vrai paradoxe s'il est permis d'utiliser un mot si doux : en octobre 1997, au tout dbut de la crise, le FMI prconisait l'expansion des mesures mmes qui acclraient la frquence des crises. En tant que scientifique, j'ai t outr de voir le FMI et le dpartement du Trsor les promouvoir avec une telle vigueur en l'absence quasi totale de thories et de preuves suggrant qu'elles taient dans l'intrt des pays en dveloppement ou de la stabilit conomique mondiale et en prsence de tant de preuves du " contraire. Mais, dira-t-on, il devait bien y avoir un certain fondement leur position, au-del de la volont pure et simple de servir les intrts privs des financiers, qui ne voient dans la libralisation des marchs des capitaux qu'une nouvelle forme d' ouverture des marchs toujours plus de marchs sur lesquels gagner toujours plus d'argent. Comme il leur fallait reconnatre que l'Asie n'avait pas besoin de capitaux supplmentaires, les partisans de cette libralisation ont eu le front d'avancer un argument que mme l'poque j'ai trouv fort peu convaincant, mais qui, avec le recul, parat particulirement trange : elle allait renforcer la stabilit conomique de ces pays ! Comment? En permettant de diversifier davantage les sources de financement8! On a du mal croire qu'ils n'avaient jamais constat que les flux de capitaux sont procycliques : qu'ils sortent d'un pays pendant les rcessions, prcisment quand il en a le plus besoin, et qu'ils y entrent pendant les expansions, o ils viennent exacerber les pressions inflationnistes. Comme de juste, au moment prcis o les pays asiatiques ont eu besoin de capitaux extrieurs, les banquiers ont voulu rcuprer leur argent.
La libralisation des marchs des capitaux a mis les pays en dveloppement la merci des impulsions rationnelles et irrationnelles de la communaut des investisseurs, de leurs euphories et abattements irraisonns. Keynes tait tout fait conscient de ces changements d'humeur qui semblent sans fondement. Dans la Thorie gnrale de l'emploi, de l'intrt et de la monnaie (1935), il dsigne ces oscillations gigantesques et souvent inexplicables par l'expression les esprits animaux . Nulle part ces esprits n'ont t plus clairement l'uvre qu'en Asie. Peu avant la crise, le taux d'intrt des bons d'État thalandais ne dpassait que de 0,85 % celui des bons les plus srs du monde : on les considrait donc comme extrmement srs. En un temps record, la prime de risque est monte en flche.
P : 168
On avance sans preuve que la rglementation entraverait lefficacit conomique.
Un second argument, pas plus crdible que le premier, a t avanc en faveur de la libralisation des marchs des capitaux sans la moindre preuve, l encore. Ses partisans ont prtendu que la rglementation des oprations en capital entravait l'efficacit conomique, et que les pays se dvelopperaient donc mieux sans ces contrles. Le cas de la Thalande constitue une excellente rfutation. Avant la libralisation, ce pays avait strictement limit les montants que les banques pouvaient prter des fins de spculation immobilire. Si la Thalande avait fix ces rgles, c'est parce qu'elle est un pays pauvre qui souhaite se dvelopper : investir les rares capitaux du pays dans l'industrie, c'est crer des emplois et stimuler la croissance. Elle savait aussi que, dans le monde entier, le prt spculatif l'immobilier est une source majeure d'instabilit conomique. Ce type de prt donne naissance des bulles spculatives (la formidable monte des prix cause par l'afflux des investisseurs souhaitant profiter du boom apparemment en cours dans ce secteur), bulles qui finissent toujours par clater et, quand elles le font, l'conomie s'effondre. Le scnario est bien connu, il est le mme Bangkok et Houston. Lorsque les prix de l'immobilier montent, les banques estiment qu'elles peuvent prter davantage, puisqu'elles ont les immeubles comme gages. Les investisseurs voient les prix monter, ils veulent participer au jeu avant qu'il ne soit trop tard, et les banquiers leur avancent les fonds ncessaires. Les promoteurs immobiliers voient des profits rapides faire en construisant de nouveaux btiments jusqu'au moment o il y en a trop. Alors, les promoteurs ne parviennent plus louer leurs mtres carrs, ils ne peuvent pas rembourser leurs emprunts, et la bulle clate.
Mais le FMI prtendait que le type de restrictions impos par la Thalande pour prvenir une crise interfrait avec l'allocation efficace des ressources par le march. Si le march dit : Construisez des immeubles de bureau, c'est que la construction de ces immeubles est ncessairement l'activit la plus rentable. S'il dit et c'est bien cela qu'il a dit aprs la libralisation : Construisez des immeubles de
bureaux vides , ainsi soit-il. Car telle est la logique du : le march doit tre le mieux inform. Alors que la Thalande avait dsesprment besoin de nouveaux investissements publics pour renforcer ses infrastructures et ses systmes de scolarisation secondaire et suprieure encore fragiles, des milliards ont t dilapid dans l'immobilier commercial. Ces btiments sont toujours vides aujourd'hui : ils tmoignent, par leur existence, des risques auxquels expose l'euphorie du march, et de l'ampleur du gchis que peut crer le march lorsque l'État ne rglemente pas assez les institutions financires9.
P : 169




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